Lot 48 THOMAS HACHE (TOULOUSE 1664-GRENOBLE 1747), CHAMBÉRY ENTRE 1685 ET 1687

aux Armes du premier Marquis de Mirabeau Entièrement marquetée sur les deux vantaux et la corniche, d’anges tenant un écu aux Armes d’alliance, de fleurs, rinceaux feuillagés, guirlandes, cornes d’abondance, fleurs en scagliola bleue et au jasmin, masques d’hommes, couronnes de marquis et Renommées. Sapin, ronce de noyer, noyer de fil, fonds de marqueterie en noyer teinté. Clef en bronze doré d’origine. 204,5 x 151 x 64,5 cm.

Restaurations d’entretien, tiroirs et étagères intérieurs rapportés, quelques fentes et soulèvements au placage, entrées de serrure modifiées. Sur la corniche, la demi fleur de lys du blason des Mirabeau a sans doute été bûchée à la Révolution, puis remplacée par un fond bleu uni en scagliola, probablement par Christophe-André Hache, avant 1801. Les Armes d’alliance sont celles d’Honoré III de Riquetti de Mirabeau (1622-1687) et de son épouse Elizabeth de Rochemore (1633-1698), mariés le 7 juillet 1660 à Nîmes. Honoré III de Riquetti de Mirabeau descend des plus proches parents des Grimaldi de Monaco par les seigneurs d’Antibes au début du XVIe siècle, de Honorade Grimaldi dont l’arrière-petite fille Anne de Pontevès (1602-1687) épousa Thomas Riquetti, seigneur de Mirabeau. Son fils, commanditaire de l’armoire, obtint le premier titre de marquis de Mirabeau en 1685 et fut le grand-père du célèbre tribun révolutionnaire Gabriel Honoré de Riquetti de Mirabeau (1749-1791). Quant à l’épouse du commanditaire, Elizabeth de Rochemore, elle fut décrite comme une femme d’esprit par Madame de Sévigné. La Maison de Broglie fut alliée par sa branche provençale à celle des Riquetti de Mirabeau, par le mariage en 1734 de Jean-François de Broglie (1669-1759), conseiller à la Cour des Comptes d’Aix-en-Provence, avec Marie Blanche de Glandevès Niozelles, fille de Gaspard de Glandevès, seigneur de Mirabeau. A l’origine, cette terre appartenait à la famille de Glandevès et futvendue en 1570 par Antoine de Glandevès à son beau-père Jean de Riquetti (v.1525-1599), ancêtre du futur 1er marquis de Mirabeau, commanditaire de l’armoire. La Maison de Broglie est également liée à Thomas Hache par un coffret de mariage portant des armes d’alliance dont celles du marquis de Broglie, marié en 1710. Cette armoire peut être datée avec précision, grâce à la date d’obtention en 1685 du premier titre de marquis de Mirabeau par le commanditaire et celle de son décès prématuré en 1687. Cette découverte est d’importance majeure puisqu’il s’agit de la première armoire faite par Thomas Hache à Chambéry et se situe comme le second meuble de toute sa production. Elle est la seule armoire ornée d’un décor dit au jasmin en os gravé, en plus de la scagliola bleue, de cornes d’abondance et de fleurs très stylisées telles qu’on les retrouve sur le meuble à deux corps vers 1685 récemment acquis par la Fondation Bemberg à Toulouse. Les mêmes Armes d’alliance des Mirabeau-Rochemore sont présentes sur un bureau de Pierre Gole (v. 1620-1685), conservé au musée des Beaux-Arts de Chartres, et attestent l’importance du commanditaire qui fut 1er Consul et 1er Procureur d’Aix-en-Provence, surnommé Le Salomon du pays pour sa sagesse et ses talents diplomatiques mis au service des villes d’Aix et de Marseille auprès de Louis XIV. La présence de ces armoiries laisse fortement supposer que Pierre Gole, ébéniste du roi, a recommandé le talentueux Thomas Hache auprès de sa clientèle, non seulement celle du marquis de Mirabeau mais aussi celle de la Maison de Savoie, ce qui expliquerait le séjour de Thomas Hache à Chambéry et prouve qu’il y a débuté sa carrière d’ébéniste réputé dès 1685, soit cinq ans plus tôt que ce qui avait été envisagé (in « Le Génie des Hache », P. et F. Rouge, Faton 2005, pp. 72-97). Françoise Rouge Bibliographie : « Le Génie des Hache », Pierre et Françoise Rouge, Editions Faton 2005. Préface de Daniel Alcouffe, conservateur général honoraire du musée du Louvre. « Pierre Gole, ébéniste du Roi », Th. H. Lunsingh Scheurleer, Editions Faton 2005. « Les Hache, Trois meubles d’exception », Françoise Rouge, Galerie Michel Descours, Lyon 2015.

ESTIMATION : 90 000 / 120 000 €
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